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Le matin du tournage, tout est recouvert par la brume. On découvre une file ininterrompue de soldats et de porteurs qui gravissent lentement en file indienne le flanc abrupt de la montagne. Celui-ci doit naître de leur fatigue, de leurs efforts, de ce que leur imposent la nature et les conditions extrêmes de tournage. Ils dorment à dans une bâtisse destinée à faire sécher du thé et tout le tournage, court mais épuisant, va ainsi se dérouler dans des conditions inconfortables au possible.

Nom:aguirre la colère de dieu
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Le matin du tournage, tout est recouvert par la brume. On découvre une file ininterrompue de soldats et de porteurs qui gravissent lentement en file indienne le flanc abrupt de la montagne. Celui-ci doit naître de leur fatigue, de leurs efforts, de ce que leur imposent la nature et les conditions extrêmes de tournage. Ils dorment à dans une bâtisse destinée à faire sécher du thé et tout le tournage, court mais épuisant, va ainsi se dérouler dans des conditions inconfortables au possible.

Ces derniers ne parlent que le quetchua et sont descendus de leur résidence des hauts plateaux située à 4 mètres, arpentant pour la première fois le plateau amazonien. Herzog invente aussi des personnages au fil des rencontres. Il faut simplement garder en tête que la technique adoptée par Herzog fait que le film et la façon dont il se fabrique sont profondément liés, en interaction constante.

De la même manière, Herzog invente de toute pièce les textes censés être écrits par Gaspar de Carvajal, le missionnaire dominicain qui accompagne la troupe. Il est découpé en morceaux et ceux-ci sont dispersés dans plusieurs villes du Venezuela. Ses propriétés sont rasées et ses terres couvertes de sel.

Herzog ne cesse ainsi de sauter les passages clés du genre. Comme les Espagnols ne pourront rien faire contre cette légende indienne dont ils font maintenant partie. Depuis son royaume imaginaire, Guzman fait déchoir de ses droits la maison des Habsbourg et détrône Philippe II roi de Castille. Tous se tiennent immobiles et fixent la caméra comme si un photographe était présent pour immortaliser la scène.

Une scène drôle et absurde dont on trouvera les échos dans une autre séquence, une parodie de procès où Ursua sera condamné à mort. Ces deux passages mettent en exergue le ridicule de rituels qui, déjà grandiloquents dans le cadre de la civilisation occidentale, deviennent complètement incongrus au milieu de la jungle.

Deux instantanés qui saisissent quelque chose de la substance même de cette folie furieuse qui a guidé la vieille Europe dans sa conquête du Nouveau Monde. Plus on avance dans le récit et plus la folie gagne Aguirre et le film. Et tout comme il est prêt à subir les conditions de tournage les plus extrêmes pour réaliser ses rêves de films, il est prêt à se mesurer à lui. Les histoires abondent quant à son comportement sur le tournage.

Kinski se situe toujours à la limite du grotesque, là où les acteurs sont les plus beaux, les plus inoubliables. Herzog lui demande de se déplacer comme un crabe ou une araignée. Son corps est maintenu par des sangles, comme pour éviter que celui-ci ne se disloque.

Sa gestuelle est étrange, inquiétante, et il se dégage de son personnage une véritable aura faite de terreur et de fascination. Les tirs fusent, sans but, dérisoires. Guzman se prend au jeu de son empire fantasmatique. Il fait des festins de roi alors que le reste de la troupe partage les derniers grains de maïs. Plus exactement : le cri des oiseaux. Fricke et Herzog se connaissent de longue date, ayant joué ensemble dans la même équipe de foot.

On a déjà vu le musicien apparaître dans Signes de vie , et il a travaillé avec Herzog sur la partition de Fata Morgana avant de signer sa première bande originale avec Les Nains aussi ont commencé petits. Fricke travaille avec Herzog dès que le scénario est écrit. Une méthode de travail que les deux hommes reproduiront tout au long de leur collaboration. Ce sont les notes de cet étrange instrument qui accompagnent la descente de la troupe dans la folie.

Il faut fermer les yeux à certains moments pour saisir la splendeur de ce travail sur la bande-son. Dans Aguirre, le réel c'est la jungle, ses plantes et ses animaux. La réalité des conquistadors, c'est une jungle rapace, carnassière, terre de la folie.

Entre les deux, il y a le film pour témoigner de cet écart. Herzog a compris qu'un film enregistre le réel, mais que ce qu'il transmet est toujours une réalité. Ainsi les sons ambiants leurs parviennent directement, sans passer par le filtre de la pensée. Ne pouvant plus agir sur le monde, la réalité qu'il s'en était faite se dissipe et ils approchent alors de ce qu'est le réel. La réalité est un arrangement du monde, une transformation qui permet de l'habiter.

Ici, les hommes ne peuvent plus se fabriquer une réalité tant la puissance de la jungle est totale, tant elle rejette leur présence.

Ils voient leurs réalités se dissoudre dans la jungle et ont dès lors l'impression d'évoluer dans un mirage. Un homme voit son cou transpercé par une flèche mais croit fermement que c'est une hallucination.

On ressent vraiment la jungle comme une terre ancestrale, en sommeil, en suspens, qui vit et respire à un tout autre rythme que celui des hommes. Herzog se moque ainsi de Kinski qui, durant le tournage d'Aguirre, se pavane dans la nature devant les photographes, déclarant qu'il se sent en communion avec elle, qu'il a le sentiment d'appartenir à un grand tout.

Dans Aguirre, Herzog nous fait sentir le poids de la jungle, son omniprésence, son danger. Elle digère les hommes, se nourrit de leur vitalité, étouffe leurs corps et leurs âmes. La fatigue physique des acteurs fait partie de ce travail de restitution d'une vérité profonde de la jungle qui s'incarne à l'écran dans ce film fiévreux. Des visions surgissent et les sens en éveil découvrent de nouveaux stimuli.

Il peut toucher du doigt la fragilité, le dénuement de l'existence mais aussi découvrir des forces cachées qui alors se révèlent. Il capte ainsi la fatigue des corps, celle de ses acteurs mais aussi celle de son cadreur.

Herzog privilégie toujours les gros plans, préférant lire la puissance des paysages sur les visages de ses acteurs plutôt que de filmer la majesté de la jungle. Mais ces deux approches ne s'opposent pas, la dialectique de Werner Herzog ne passant pas par une différenciation de ces deux registres d'images mais au contraire par leur symbiose.

Herzog ne filme pas le trivial de manière naturaliste et les hallucinations de manière stylisée ; il filme réalité et mystère, quotidien et fantasmes de la même manière. Tous ces éléments sont placés sur un même plan, et approche documentaire ou stylisation se mêlent et travaillent en profondeur pour mettre en exergue les thématiques du cinéaste. Même les plus spectaculaires de ses films sur le papier se trouvent déchargés de la majeure partie de leur tension.

Dans Aguirre, c'est même une construction en decrescendo qui prévaut, Herzog réalisant en cela un anti-film d'aventure. La temporalité du film part d'une échelle humaine pour peu à peu rejoindre celle de la jungle.

Les hommes plongent dans la torpeur, ils sont engourdis et comme gagnés par le sommeil. Ils naviguent longtemps dans un entre-deux, entre le rêve et la réalité, qui petit à petit se rapprochent et fusionnent. Peu à peu la troupe tourne en rond et lorsqu'ils naviguent sur le fleuve - qui est pourtant l'image même d'une trajectoire, allant irrémédiablement de la source à l'océan - cette avancée se solde par un point mort : Aguirre sur son esquif immobilisé au milieu du fleuve, seul dans son monde, dans son rêve.

La caméra tournoie alors longtemps autour de lui et quitte lentement la scène. Il tourne toujours rapidement, se jette dans ses tournages sans trop de préparatifs, avec hâte et énergie.

Il doit sentir le monde vibrer autour de lui, doit réussir à se laisser inonder par lui, doit sentir la réalité se transformer en réel. Il bricole des meubles, monte des décors, participe à la construction des radeaux, à la confection des costumes. Or ceux-ci, même les plus difficiles, sont préparés, gérés par lui et ses proches collaborateurs comme son frère Lucki Stipetic ou son ami et producteur Walter Saxer.

Le seul tournage vraiment dangereux qu'il ait entrepris est celui de La Soufrière. Juste avant d'entreprendre Aguirre, Herzog s'est attaché avec Pays du silence et de l'obscurité à rendre compte du monde des sourds et des aveugles.

Il permet de rendre compte du monde dans ses extrêmes, du trop-plein de réel au pur mystère. Il peut capter des sensations, des sentiments, des images inédites.

Il peut rendre rendre encore plus purs une musique ou un paysage Ce film magistral aurait dû consacrer immédiatement Herzog, mais étrangement sa distribution ne se fait pas sans heurts. Il sort en Allemagne de l'Ouest en puis est projeté au Festival de Cannes en , mais il ne trouve pas immédiatement de distributeur pour l'étranger.

Ce n'est qu'en février qu'il est exploité en France les États-Unis devront attendre pour le voir! C'est à peu près à ce moment-là, avec la sortie de Kaspar Hauser , que Werner Herzog devient célèbre et commence à être reconnu par la critique et même adulé par une partie d'entre elle. Soit treize années après avoir fait ses débuts de cinéaste L'Intégrale Werner Herzog.

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« Aguirre, la colère de Dieu »: le chef-d’oeuvre halluciné de Werner Herzog est à revoir sur Arte

Pour écrire un commentaire, identifiez-vous MickDenfer Beau, hallucinant et terrible. Le film est beau , volontairement lent dans des paysages étranges et mystiques grandioses sur grand écran Un scénario sommes toute assez réduit où rien ne se passe vraiment , mais servi par des acteurs tous très bons qui font qu'on accroche au film dès le début. Evidement le but du métrage est bien entendu d'apporter au spectateur moulte réflexions historiques sur le colonialisme , l'esclavage , la religion N'hésitez pas à voir en plus de ses films, les nombreux documentaires réalisé par Herzog

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